VISBY (Suède) (AFP) - 4 juillet 2006
Ségolène Royal, la socialiste championne des sondages, a vanté mardi le "modèle suédois", à l'issue d'une visite de deux jours dans ce pays qui lui a permis de recadrer son image, alors que ses rivaux se plaisent à lui coller l'étiquette de "blairiste".
Le Premier ministre suédois Goeran Persson (D) et
Ségolène Royal, le 4 juillet 2006 à Visby, Suède

Pontus Lundahl (AFP/AFP - mardi 4 juillet 2006, 16h04)
"Le modèle suédois est un modèle pour la France et pour de nombreux pays d'Europe. Nous aimerions réaliser ce qui est fait ici", a déclaré la présidente de Poitou-Charentes.
Elle a évoqué en particulier la synergie progrès social-compétitivité. "Les Suédois ont refusé de sacrifier le social à l'efficacité économique. Au contraire, ils ont fait du social la pierre angulaire de l'efficacité économique", a-t-elle ajouté après un entretien avec le Premier ministre suédois Göran Persson.
Mme Royal s'était entretenue lundi avec les dirigeants et responsables syndicaux du géant des télécoms Ericsson, près de Stockholm, qui sont cités en exemple pour la qualité de leurs relations sociales et de la concertation au sein de l'entreprise.
Mardi, elle a participé à un séminaire économique du Parti social-démocrate suédois, à Visby, dans l'île de Gotland.
"La deuxième chose que nous pouvons imiter, c'est le choix de l'excellence environnementale. Je souhaite que la France, comme la Suède, prépare dès maintenant l'après pétrole, par les transports propres, par la protection des paysages", a-t-elle ajouté.
Il ne s'agit pas d'appliquer en France, les yeux fermés, les solutions trouvées en Suède, car les deux pays sont différents, a cependant expliqué la députée socialiste des Deux-Sévres
La Suède, qui combine un faible taux de chômage (environ 6 %), plus de 80 % d'adhésion syndicale, et un système performant de protection sociale, ne compte en effet que neuf millions d'habitants.
Au-delà de la découverte éclair d'un système social envié, Mme Royal a mis à profit cette visite pour recentrer son image de présidentiable potentielle.
Elle a montré aux médias qu'elle est prête à s'inspirer de ce "modèle suédois" qui reste une référence obligée pour tous les socialistes. Elle en a profité aussi pour dire son agacement à propos du procès en "blairisme" dont elle s'estime victime.
"J'entends bien le procès qu'on veut me faire sur le blairisme (...) je le dénonce", a-t-elle dit lundi, alors que plusieurs responsables socialistes lui reprochent d'avoir loué dans la presse britannique certains aspects de la politique de Tony Blair, qu'ils jugent trop libéral.
"Je ne suis pas proche de tel ou tel modèle. Il faut s'informer, et inventer le modèle social français", a-t-elle ajouté.
Sur cette terre socialiste et nordique, Ségolène Royal a enfin récolté des hommages propres à conforter une stature de candidate à l'Elysée.
"Très capable, très intelligente", "pleine de courage et de compassion", "très ambitieuse pour l'avenir de la France": en français ou en anglais, le président du Parti socialiste européen (PSE) et ancien Premier ministre danois Poul Nyrup Rasmussen ne tarissait pas d'éloges.
Quant au Premier ministre suédois, il s'est dit "convaincu" que Mme Royal ferait une bonne présidente de la République, même si "c'est aux Français de décider".
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Nota : pour voir la vidéo l'intervention du l'ancien Premier ministre danois , Président du PSE cliquer sur ce lien: Poul Nyrup Rasmussen
Lire l'article originel et vidéo sur : http://www.gonordisk.net/article-3198531.html
Extraits de l’interview accordée à Têtu, daté de juillet-août 2006
«Pour moi, la question fondamentale est celle des discriminations.»
La sexualité, c’est le cadeau le plus beau fait à l’être humain. Il faut que les jeunes entrent dans la sexualité par une éducation positive. Parler des risques, c’est indispensable, mais sans donner aux jeunes une vision trop noire de la sexualité.
Il est très important d’en parler pour que les enfants soient épaulés s’ils découvrent leur homosexualité ou celle des autres. On sait que les difficultés rencontrées à ce moment là expliquent nombre de suicides d’adolescents.
Quand j’étais ministre de l’Enseignement scolaire, j’ai refondé l’éducation à la sexualité : j’ai été la première à prononcer le mot « homosexualité » lors d’une réunion avec les recteurs. C’était très important de faire figurer la question de l’homosexualité dans les instructions officielles car les enseignants n’osaient pas en parler.
Deux parents du même sexe peuvent élever ensemble un enfant. Et puisque ma loi sur l’autorité parentale permet le partage de cette autorité sans différence de sexe, les familles homoparentales peuvent exister. Ce qui manque effectivement, c’est le pouvoir d’adoption en commun de deux personnes du même sexe. En la matière mon raisonnement est simple : l’adoption ne se fait pas au nom des parents, elle se fait dans l’intérêt de l’enfant. Que les parents soient homosexuels ou hétérosexuels, l’adoption est avant tout un projet familial. À partir du moment où on reconnaît la famille homoparentale comme une famille, cette famille a le droit de concevoir un projet familial. Ce qui compte, c’est la qualité de ce projet. Si un homosexuel peut adopter seul, pourquoi un couple homosexuel ne pourrait pas le faire? Les fondements juridiques sont là. On peut franchir le pas de la reconnaissance de l'homoparentalité sur la base de la qualité du projet familial. (…)
Chacun doit pouvoir construire sa vie avec dignité, avec des règles claires, qui s’appliquent à tous. En tant que parent, qui peut refuser à l’un de ses enfants de vivre selon son libre choix si un jour il ou elle lui dit « je veux me marier avec une personne de l’autre sexe ». Il faut donc que la loi le permette. Sur ces questions de société, il faut rassembler une majorité de français (…) Il faut simplement, au préalable, faire comprendre aux français que peut être, un jour, ils peuvent être confrontés à ces questions.
J’ai la volonté de conduire ces réformes sans blessure, sans déchaîner les passions. C’est très important, car derriére la question du mariage, il y a la question des discriminations au sein de la République. cela signifie que la l’homosexualité n’est plus en margé, et que les homosexuels ne sont plus considérés comme des citoyens de seconde zone."
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