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Inquiétudes pour les communes rurales

Par Pierre Souin, maire de Marcq (650 habitants, Yvelines), Vice-Président de la Fédération Nationale pour l'Ecole Rurale

Malgré les effets d'annonce du gouvernement, un certain nombre de projets ou de démarches du gouvernement donnent à penser que le secteur rural est destiné à être sacrifié sur l'autel du libéralisme et du profit : le devenir des écoles rurales - Grâce à des informateurs bien placés, nous avons eu dès décembre les premiers éléments du projet de Robien sur les EPEP (Etablissements Publics d'Enseignement Primaire), qui est encore plus pernicieux et plus dévastateur pour l'école publique rurale que ceux précédemment échafaudés par ses prédécesseurs MM Darcos et Ferry. La Fédération Nationale pour l'Ecole Rurale analyse actuellement ce dossier et prépare une réponse, comme elle l'avait fait précédemment. Mais on peut déjà énoncer les principaux éléments qui suscitent déjà le mécontement et l'opposition des l'Association des Maires Ruraux de France, des syndicats d'enseignants et de la quasi totalité des associations et fédérations de parents d'élèves : Le texte prévoit que les élus locaux composeront 50 à 60% du conseil d'administration des Epep, les enseignants et directeurs 30 à 40% et les parents 10 à 20%. Contrairement à la composition des Conseils d'écoles, la « représentation majoritaire des élus locaux peut faire craindre une mise sous tutelle politique du service d'enseignement » ; à l'opposé, la sous-représentation des parents d'élèves montre bien le peu de cas que le gouvernement fait de ces parents d'élèves, qui en secteur rural sont souvent le premier soutien des équipes enseignantes. 

 

 

Le texte prévoit que le Président des EPEP sera nécessairement choisi parmi le collège des élus . N'est-ce pas là un signe fort de la volonté de mise sous tutelle du service d'enseignement?

 Le texte prévoit que le Directeur de l'EPEP sera un enseignant, désigné directement par l'Inspecteur d'Académie, sans contrôle des commissions paritaires et des représentants du personnel. C'est le fait du prince !!! Ne risque-t-on pas de voir choisi l'enseignant qui sera le plus en phase avec l'idéologie ministérielle ?

Le texte prévoit que le projet d'établissement sera élaboré  uniquement par les enseignants présents dans le Conseil d'Administration. « Là aussi, on a un recul par rapport au fonctionnement des Conseils d'écoles, où les parents participent au vote sur le projet d'école, et où l'ensemble des enseignants participe à son élaboration. Bien sûr, on nous assure que chaque école gardera son projet d'école et son conseil d'école... Mais il faudra que le projet d'école soit en conformité avec le projet d'établissement et les décisions fondamentales ne seront prises qu'au niveau du Conseil d'Administration de l'EPEP »

Par ailleurs, les expérimentations en cours dans de nombreux départements ruraux (Cantal, Jura) ou les fermetures arbitraires de petites écoles pour pousser vers ces EPEP (Doubs, Ardèche, Finistère) nous montrent que ce projet vise à opérer des regroupements d'écoles et surtout à permettre de récupérer des postes d'enseignants et de fermer des écoles dans de nombreuses  communes rurales, au nom d'une logique comptable et gestionnaire qui ne prend certainement pas en compte l'intérêt des enfants, des familles et des communes rurales.  

La mort programmée du service postal de proximité

Dans ce domaine s'annonce un service réduit dans de nombreuses zones de montagne ou dans le secteur rural profond (une tournée par semaine); on nous annonce aussi l'apparition de l'auto-service où les habitants auront une boîte commune de réception et une boîte commune d'envoi dont ils auront tous la clé ; ils viendront chercher leur courrier sur ce point fixe : a-t-on sérieusement mesuré les risques de tels projets ? La Poste avait traditionnellement un rôle fort dans le domaine du lien social en zone de montagne et en secteur rural. Au nom du libéralisme et de la logique de profit et de rentabilité, n'est-on pas en train de vouloir abandonner ce rôle ?

Dans un domaine plus proche (dans les Yvelines) je peux parler de la suppression des boîtes postales dans de nombreux petits bureaux de postes locaux, ce qui met gravement en difficulté des petites entreprises de création récente où les professionnels travaillent à leur domicile. Les boîtes postales sont regroupées sur un seul « gros bureau », mais elles ne sont pas en nombre suffisant, par rapport au nombre de boîtes supprimées dans les petits bureaux de poste locaux... Les premiers arrivés ont été les premiers servis. Les autres se retrouvent sans boîte postale . Par ailleurs, la Poste des Yvelines a prévenu les titulaires de boîtes postales au début septembre, mais nombre de petites entreprises avaient déjà fait leur mailing de reprise dans le courant de l'été... Lorsque les responsables d'entreprises ont demandé à la Poste si on ferait suivre le courrier arrivant sur les « anciennes » adresses, il a été répondu que ceci serait fait jusqu'au 1er novembre 2007, mais qu'après le courrier serait réexpédié à l'envoyeur !!! La pérennité de nombreuses petites entreprises  peut être mise en péril par cette mesure, qui va complètement à l'opposé du principe même de la mission de service public et complètement à l'opposé des grands discours sur la protection de la ruralité. On pourrait donner d'autres exemples qui confirment l'abandon programmé du secteur rural (santé, services publics,...), mais pour garder un caractère synthétique au document, j'ai préféré limiter le propos à ces deux exemples très révélateurs.  « Comme l'ensemble des maires membres de l' A.M.R.F. (Association des Maires Ruraux de France), c'est parce que je connais l'attachement des habitants de nos villages aux services de proximité que je milite pour le maintien des bureaux de poste, des trésoreries, des services de santé et des écoles en secteur rural et que je dénonce l'attitude de l'état, qui en transférant un certain nombre de compétences aux régions et aux départements sans transfert de financements, grèvera à terme les moyens d'actions des communes... mais cette attitude est peut-être délibérée ».


Le choix des langues au collège

 

Par Jean-Claude Durand, enseignant à Montigny-le-Bretonneux (78)

Suite à la réforme qui introduit le choix de l'allemand LVII dès la 5ème à la rentée 2007 le ministre en profite pour supprimer ce choix en primaire par un moyen perfide. Il impose l'existence d'un groupe d'au moins 8 élèves  en CE2, ce qui en fait représente pratiquement 30% de ce niveau dans la plupart des écoles et donc ne peut être mis en place. Cela cache un cruel manque de moyens puisque l'on ne démarre les cours que fin octobre début novembre, mais surtout on va vers une uniformisation en primaire et la langue vivante va devenir une matière subie comme les autres avec le  risque de voir l'enthousiasme  disparaître à l'entrée en 6ème ,ce que relèvent déjà les collègues d'anglais .Les profs d'allemand sont en nombre suffisants et interviennent souvent en primaire,  je le  fais depuis plus de 13 ans . Nous n'avons jamais cessé de nous battre pour la survie de notre discipline et nous comptions sur l'engagement de Chirac et de Schröder en  2003 qui avaient promis  lors du 40ème anniversaire le doublement des effectifs de germanistes  dans les 10 ans à venir. Le fait de commencer un an plus tôt ne sera en aucun cas un gage de voir ce  choix se multiplier. Qui plus est, l'enseignement des langues en primaire reste très hétéroclite et un examen très sérieux de la situation en CM2 aurait dû être effectué avant de faire des effets d'annonces clamant que les langues sont en place dés le CE2 . Beaucoup de parents, n'ayant plus le choix, se sont mobilisés, notamment aux Clayes avec le soutien du comité de jumelage dont je suis membre mais en vain. (j'enseigne à Montigny-le-Bretonneux) Nous avons à moyen terme un nouveau risque si d'aventure, il n'y avait plus d'allemand que dans 1 collège sur 2.Je mets donc beaucoup d'espoir dans un réaménagement de ce processus par la gauche. 

 

 

 

Ecrire un commentaire - Par Martine - Publié dans : Paroles d'Yvelinois
Lundi 12 février 2007 1 12 /02 /2007 09:26
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